Être heureux et accompli en donnant le meilleur de soi-même !

Article publié le 30 janvier 2022

On ne peut nier le lien étroit et même interdépendant qui réside entre les notions de travail et d’argent. A travers le monde, la notion de travail est globalement perçue comme devant être rémunératrice ; on donne de soi, de son temps et de son savoir-faire et l’on reçoit une gratification pécuniaire pour pouvoir, à notre tour, payer les objets et les services – issus d’autres travaux – nécessaires à notre survie ou notre confort (nourriture, foyer, vêtements, transports etc…).

Ainsi, malgré le fait que le travail est l’activité quotidienne qui prenne le plus de temps, il apparait, pour beaucoup, davantage comme une nécessité plutôt qu’un véritable choix dicté par une vocation profonde, ayant pour but un épanouissement personnel. En effet, on semble souvent omettre que notre travail, au-delà de cet aspect financier, doit être l’issue et la matérialisation d’un choix personnel concernant notre manière de vivre mais doit également être l’essence qui nous définit. La rétribution la plus importante et gratifiante de celui-ci ne doit pas simplement être l’argent mais aussi, et surtout, l’accomplissement de soi.

Nous oublions trop rapidement l’engouement que nous avions étant enfant, à nous imaginer astronaute, médecin ou policier, ou même héros ou princesse, et à nous dire « je serai ce type de personne et je ferai cela parce que j’en suis capable, parce que c’est dans mon sang, parce que c’est ce qui m’anime ». Puis, quand « les grands » nous demandaient ce que l’on voulait être, on avait déjà cette réponse toute faite. Mais pas la bonne, qui doit être, tout simplement : « je veux être heureux en étant moi-même ! ». Les évènements de la vie, les influences extérieures et la nécessité nous éloignent de cette évidence ; ainsi, on se retrouve souvent, des années plus tard, à un carrefour de sa vie, se disant « j’aurais aimé être… », être simplement ce que j’aurais dû être ! En outre, en dehors des relations que nous tissons avec notre famille ou les personnes qui nous sont chères, unies sous le flambeau de l’amour, quelle est la chose pour laquelle nous donnons beaucoup de nous-même ? La réponse est évidente : notre travail.

Dans sa vidéo Find joy and fulfillment by giving your greatest gift , Tony Robbins, célèbre essayiste américain, nous livre sa vision du travail et la façon de le concevoir pour parvenir à ne plus voir le travail comme un labeur, mais comme un don de soi, un présent pour autrui. Alors, il n’appartient qu’à vous de trouver le travail qui sera votre voie, d’en faire votre nindô*, et de contempler les résultats de vos efforts.

*Dans le célèbre manga et animé Naruto de Masashi Kashimoto, le nindô (littéralement la voie du ninja) est le code de vie que chaque shinobi (ou ninja) s’impose tout au long de sa vie. Il varie selon son tempérament, ses ambitions ou ses expériences. Il est différent du bushido, code de conduite établi et strict régissant la vie des samouraï.

Faites ce pour quoi vous êtes fait !

Vous l’avez compris : le travail ne peut et ne doit se résumer à une simple activité quotidienne, source de revenus. Certes, il demeure important que celui-ci vous permettre de vivre et de subvenir à vos besoins, mais cette nécessité ne doit pas vous faire oublier les raisons pour lesquelles vous avez choisi ce travail ou cette activité et pas une autre. Il est indispensable dans la vie de choisir une activité qui a du sens pour vous, qui détermine qui vous êtes, qui est en adéquation avec votre caractère et vos principes, parce qu’elle ne pourra vous rendre que plus vivant et donnera véritablement un sens à votre existence.

Votre travail est à votre vie ce que le cœur est à l’Amour : il est le moteur de votre existence car il vous fait vivre, matériellement et spirituellement. En effet, le travail utilise les deux choses les plus précieuses dans la vie, parce qu’elles ne sont pas infinies : le temps et l’énergie. De ce fait, il est important de pouvoir définir quelle tâche sera la vôtre parce que le temps et l’énergie que vous allez consacrer à cette activité ne pourront vous rendre que meilleur si vous aimez ce que vous faites. Chaque individu a un parcours unique par son éducation, son instruction, son passé mais surtout son caractère. Vous devez trouver la voie qui vous permettra de vous dépasser, intellectuellement, émotionnellement et même spirituellement ; cette voie qui définit qui vous êtes, qui définira votre qualité de vie, la manière dont vous aimez travailler, l’endroit où vous aimez travailler.

De façon générale, la passion et l’énergie que l’on dépense dans l’activité qui est la nôtre ne seront pas vaines et auront pour effet de vous conforter dans cette idée de prédilection voire de prédisposition.

Dans ce sens, il est primordial de faire une petite introspection et de se poser les bonnes questions. Il est important de sonder son esprit et de se demander quelles peuvent être vos compétences, votre passion, vos savoirs et votre savoir-faire, mais aussi vos attentes, afin de pouvoir vous projeter dans une activité qui pourra regrouper tous ces éléments et en faire votre métier, tout en restant une passion. En d’autres termes, il faut que vous soyez capable de vous poser ces questions, et d’y répondre : Quelles sont mes capacités (et il est évident que vous en avez…) ? Quelles sont mes envies ? Quels sont les moyens d’y parvenir ? En outre, il apparait souvent que ce que l’on fait dans la vie, ce vers quoi on a un attrait particulier et inconscient, est ce pour quoi on est fait. Il n’y a pas de hasard, juste une volonté de faire. L’important est d’avoir un aperçu de ce que pourrait devenir ce travail si l’on prenait réellement conscience de sa valeur, de ne pas concevoir le travail comme un fardeau mais comme une chance.

Trop de gens voient le travail comme une activité, un espace ou une période où ils sont prisonniers du monde ou d’eux-mêmes. Ils considèrent les jours chômés ou les vacances comme une fuite ou une permission de faire ou d’être eux-mêmes. D’un autre côté, ceux qui sont sans travail se sentent démunis voire inutiles, presque dépossédés d’eux-mêmes, alors que chacun est capable d’apporter son savoir-faire et de faire valoir son authenticité.

Il est impératif d’envisager la notion de travail sous un angle nouveau, de lui redonner sa signification de capacité, plus que d’occupation ou de simple « gagne-pain », qui aboutira, par la volonté et l’effort, à un véritable don de soi.

De la capacité de faire au don de soi

Quand vous pouvez déterminer pour quoi vous êtes fait – et c’est déjà une partie du chemin accomplie – vous devez vous interroger sur les moyens d’arriver à votre but, à savoir les éléments que vous devez mettre en œuvre pour atteindre ce but. On dit que rien ne résiste aux cœurs de bonne volonté donc vous devez affirmer votre volonté, sans peur du jugement d’autrui. Il ne faut pas oublier que toutes les grandes évolutions de ce monde ce sont construites sur des idées que la majorité considérait comme farfelues. Ce sont la volonté de faire et la novation qui permettent de faire avancer le monde.

En 1971, dans une entrevue, Jacques Brel se confiait sans retenue et exposait son point de vue sur divers aspects de la vie, notamment sur la réussite et le bonheur : « Je crois qu’on ne réussit qu’une seule chose : on réussit ses rêves. On a un rêve, et on essaie de bâtir, de structurer ce rêve. Dans ce sens-là, j’ai travaillé pour réussir ce rêve. […] Je suis convaincu d’une chose : le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est avoir l’envie de faire quelque chose. […] Et je crois qu’avoir l’envie de réaliser un rêve, c’est le talent. Et tout le restant, c’est de la sueur, c’est de la transpiration, c’est de la discipline. […] Je crois qu’il y a des gens qui travaillent à quelque chose et qui travaillent avec une grande énergie finalement »*. Ce discours met en exergue un concept important : celui d’avoir un objectif qui nous tient à cœur, qui va être au centre de notre existence, et qui va déterminer notre capacité, notre volonté et nos aptitudes. Cet objectif nous permettra de passer du stade de débutant (ou de profane) à celui d’expert.

Dans la sphère professionnelle, ce qui fait souvent défaut aux recruteurs est d’ignorer le potentiel d’un candidat en se basant sur son statut de débutant, occultant le fait que chaque débutant est un futur expert, que chaque débutant a choisi cette voie par conviction et ne demande qu’à s’améliorer, à devenir ce qu’il souhaite devenir. Il y a parfois plus de volonté dans quelqu’un qui cherche à développer son « talent » que dans celui qui veut développer son portefeuille. C’est pour cette raison que la notion de réussite est une notion subjective : certains voient en la réussite la possession de toutes sortes de choses pour montrer leur supériorité (matérielle en vérité, mais pas spirituelle). La vraie réussite se trouve dans celui qui se trace une voie pour parvenir à son rêve, et qui vit son rêve. En réalité, tout réside dans les motifs de son choix. Notre travail ne devient une récompense que lorsque les motifs pour lesquels il est accompli sont en adéquation avec notre volonté de faire.

* Entrevue de Henry Lemaire avec Jacques Brel à Knokkes, 1971.

Quand le travail devient votre récompense

Quand vous parvenez à trouver votre vocation et que vous prenez conscience de la finalité de votre travail, que vous êtes capable de considérer votre travail non pas comme une capacité à faire mais comme un don, pour vous-même mais surtout pour les autres, parce que vous aimez votre travail et que les personnes extérieures apprécient votre travail, à ce moment-là, le travail devient une récompense.

Marc Twain disait que « le secret de la réussite est de faire de sa vocation ses vacances ». Dans le même esprit, on a souvent entendu dire que vivre de sa passion ne nous donne pas l’impression de travailler. Tel est l’objectif que devrait atteindre tout « travailleur ».

Ce qu’il faut prendre en compte, ce sont les motifs pour lesquels on travaille, pour lesquels on va dépenser notre temps et notre énergie. Certes, aux balbutiements de notre vie active, les motifs de travail sont très souvent les mêmes : pour payer ses factures, pour payer ses études, pour devenir indépendant, pour se financer un voyage, une voiture ou encore pour devenir riche ou avoir du pouvoir sur les autres. Certains vous diront que « faire de l’argent » est un motif louable. On ne peut réfuter cette idée, même si celle-ci ne va pas au-delà d’une gratification pécuniaire.

Or, pour que votre travail devienne réellement gratifiant, il faut se détacher de son égo, cette vision simpliste du travail pour soi. Le travail trouvera un sens quand vous ne le faites pas seulement pour vous-même mais davantage pour autrui. Accomplir quelque chose pour autrui donne des ailes, pas au sens littéral évidemment ; il donne un sentiment de satisfaction partagée, un sentiment de dépassement de soi. Ainsi, lorsqu’on travaille pour une autre cause que la sienne, pour sa famille, pour une communauté, pour son pays ou encore dans le domaine humanitaire, le travail devient un cadeau pour les autres, puis une récompense pour soi-même. Non seulement, votre effort vous fera progresser mais il deviendra, jour après jour, votre récompense.

Dans l’effort réside le goût du travail bien fait mais surtout du travail que vous aimez. Avec le temps et l’expérience de la vie, on prend conscience que donner fait davantage plaisir que de recevoir. Cela est également vrai pour le travail.

Faire un travail que l’on aime, donner de soi pour les autres, pour leur bien-être ou leur bonheur : tels sont les signes de l’accomplissement. Il perdure le sentiment que les choix que l’on fait sont utiles, nous rendent heureux, nous poussent à nous dépasser encore et encore, malgré l’adversité. Le travail prend alors tout son sens, au-delà de sa finalité pécuniaire. Notre travail devient ce que l’on est au plus profond de soi, pour nous-même, mais surtout pour les autres. Il est naturel, presque instinctif. En fait, nous nous définissons davantage par nos actes, pas seulement nos paroles ; nous sommes ce que nous faisons et ce que nous donnons.

Je me demande si ce n’est pas cela, en fin de compte, réussir sa vie : devenir soi-même, faire ce que l’on aime pour ceux que l’on aime. Cette chose qui anime le sentiment d’être complet, fini : c’est cela, le travail !

Freddie LEVEDONE